Chrétien et gestion de la cité

Just another Blogvie.com weblog

Le lien entre la foi et la vie personnelle des gouvernants et des gouvernés

Posted by dse-et-politique on novembre 29th, 2015

L’observance de ces valeurs suppose que les gouvernants et les gouvernés chrétiens fassent le lien entre leur foi et leur vie personnelle et sociale.

Sur ce, David KAULUME[1] dans ses études intitulées ‘’Foi, justice sociale et sécurité alimentaire : une perspective africaine’’ affirme le contraire. D’où il  stipule : « Notre foi n’influence ni ne guide la manière dont nous menons notre existence.» Il donne pour exemple l’appartenance à un mouvement d’apostolat telle que la légion de Marie, la confrérie sainte Anne, Saint Joseph et autres, la participation à toutes les activités et pourtant échouer à en tirer les implications dans sa famille, son travail, sa communauté et le monde au sens large. Il poursuit en disant : « Dans bien des pays, nos leaders politiques sont chrétiens, cependant, les politiques qu’ils ont supportées et les institutions qu’ils ont mises sur pied ont causé bien des souffrances, et leurs vies personnelles font scandale.» Il a pris l’exemple du Rwanda et du Burundi où les chrétiens, y compris des prêtres et des évêques, furent impliqués dans le génocide en dépit de leur foi. En Zambie, le Président CHILUBA avait déclaré la ZAMBIE comme nation chrétienne mais la corruption n’a eu de cesse. Au ZIMBAMBWE, ce furent des leaders d’Eglises, devenus leaders politiques, qui encouragèrent la violence envers leurs propres concitoyens et en furent eux-mêmes les architectes. En Afrique du Sud, l’apartheid reçu l’appui des chrétiens du pays et d’autres parties du monde.

 

En Afrique noire, la tendance des croyants est de distinguer leur foi de leur culture. Le matin ils sont à la chapelle et le soir ils versent le vin de palme aux quatre coins de leurs maisons. Si bien que cela se répercute dans leur quotidien. De ce fait ils n’écoutent que les pseudos esprits qui les gouvernent à leur tour. Ils  oublient qu’ils sont chrétiens et que le chrétien doit s’écouter lui-même et écouter les autres frères. En un mot écouter  Dieu à travers son prochain.

 

Parlant du sens d’écoute, le Docteur Basile ADJOU MOUMOUNI disait : « Ce qui me frappe chez l’africain, que dis-je, chez  l’intellectuel africain, c’est qu’il croit toujours avoir raison : chaque idée, chaque émotion qu’il exprime en parole doit obligatoirement être  acceptée, adoptée, traduite en action. Si tel n’est pas le cas, c’est qu’on  est contre sa personne. Quiconque s’oppose à sa personne devient un ennemi qu’il faut briser ». Cette méfiance le pousse à ne faire confiance qu’à ses proches c’est-à-dire ses parents, ceux de sa tribu, sinon ceux qui ne peuvent pas le contredire.[2]

Dénonçant le tribalisme qui tire nos communautés vers le bas, dans son ouvrage classe sociale et idéologie en Afrique centrale, Jean Royal KISSISSOU BOMA, parlant des ministères,  précise que la situation est tellement remarquable que l’on a l’impression d’être en présence d’une ambassade régionale ou d’une légion tribale ou alors d’un consulat tribalo-régionaliste.

 

Ainsi, s’applique aux chrétiens cette assertion qui stipule que : « d’un point de vue chrétien, vivre moralement c’est tout à la fois accomplir la volonté de Dieu, vouloir être sauvé, réaliser  pleinement sa quête d’humanisation et que la primauté donnée au désir de l’autre est malsaine quand elle n’est pas articulée à la lecture de notre propre désir »[3]. Alors les chrétiens ne devraient pas faire comme les non chrétiens car une gouvernance idéale est basée sur l’héritage que le Christ nous a laissé.

Cette approche suppose que le chrétien doit participer à la gouvernance nationale. La participation présente en soi des avantages indéniables. En effet, en tant que stratégie entrainant une interaction permanente et dynamique entre les différents acteurs engagés dans le processus de développement socioéconomique, elle est facteur de promotion, de renforcement et de développement de la bonne gouvernance de la communauté nationale, c’est-à-dire des aspects temporels de la vie.

Les principes de concertation, de dialogue et de participation permettent d’atteindre la réussite dans la réalisation des programmes de développement durable, car impliquant les divers acteurs dans le processus d’élaboration des actions. C’est une stratégie mobilisatrice de toutes les énergies identifiées dans un secteur de développement socioéconomique donné.

Concernant le chrétien en tant que disciple du Christ, il s’agit de rendre toute leur responsabilité dans l’identification du besoin des membres de la communauté nationale, dans la détermination de leur priorité en tenant compte de la politique d’ensemble, à leur exécution et à leur contrôle.

Les principes de concertation, de dialogue et de participation sur lesquels s’appuie la bonne gouvernance, sont le contraire de la  gestion traditionnelle incapable de mobiliser les divers acteurs et de construire les partenariats.[4]

Sur ce, l’on peut s’inspirer de MONTESINOS[5] qui pense que participer c’est, de près ou de loin, être en relation avec les décisions. Une exécution automatique ou aveugle du travail n’est pas une participation. D’où, participer à la décision, c’est s’engager à mener l’action qui en découle, à en partager les risques et à assumer sa part de responsabilité.   

La participation vise à créer un consensus, source d’énergie et de cohérence. Ses étapes sont l’information, la consultation et la décision.

L’information est la condition préalable à toute décision et à toute action adaptée. Elle est la première étape indispensable. Elle est tellement importante que lorsque quelqu’un veut « saper » la participation, il lui suffit de mettre un frein à la circulation de l’information.

La consultation découle naturellement de cette dernière car, diffuser largement l’information, c’est accepter en même temps, d’écouter les avis des personnes qui ont été informées. Les idées et les sentiments suscités par l’information doivent pouvoir s’exprimer. Sinon, ils s’accumulent et se concentrent en attendant un événement favorable pour s’extérioriser avec fracas. La consultation est un processus difficile. Elle nécessite une réelle maturité affective des protagonistes. Celui qui demande des avis doit en tenir compte même pour prendre une décision qui ne va pas dans le sens qui est le sien. Ceux qui donnent des avis doivent accepter la décision prise même si elle diffère des opinions qu’ils ont formulées. Il s’agit là d’un apprentissage laborieux et parfois douloureux où la bonne foi réciproque est une condition nécessaire à la réussite.

Décider, c’est déterminer ce qu’on doit faire, c’est prendre position et assumer les conséquences de l’action qui en découle. La décision est à la fois l’une des principales caractéristiques du chef et le centre même de l’administration : c’est organiser la prise de décision, mais aussi s’engager à mener l’action qui en découle et à en assumer les risques et une part de responsabilité.

Dans le cadre de cette participation, l’Eglise catholique forte de son expérience doit rendre service à la communauté tant universelle que nationale en formant des hommes et des femmes qui devraient édifier la communauté nationale, en les guidant pour qu’ils répondent en s’appuyant sur la réflexion rationnelle et l’apport des connaissances humaines à leurs vocations d’architectes responsables de sociétés.

 

Mon enfant, eu égard aux valeurs énoncées ci-dessus, la participation chrétienne ne peut être délimitée ou restreinte à quelques contenus particuliers de la vie sociale, étant donné son importance pour la croissance, humaine avant tout, dans des domaines tels que le monde du travail et les activités économiques dans leurs dynamiques internes, l’information et la culture et, à un degré plus élevé, la vie sociale et politique…La participation chrétienne à la vie communautaire n’est pas seulement une des plus grandes aspirations du citoyen, appelé à exercer librement et de façon responsable son rôle civique avec et pour les autres mais, elle est aussi un des piliers de toutes les institutions démocratiques, c’est-à-dire une des meilleurs garanties de durée de la démocratie.[6]

 

 

 




[1] David KAULUME, Foi, justice sociale et sécurité alimentaire. Une perspective africaine, études tirées de Spiritus, n° 197, Décembre 2009 ;  

[2]  Basile ADJOU MOUMOUNI, in-Pour un Bénin métamorphosé. Edition le Flamboyant. Cotonou, 1999, p.10

[3]  Yves Isidore NZOUSSI, Notes de cours de Théologie Morale, année académique 2009-2010, Ecole des sciences religieuses  Archidiocèse de Brazzaville, Inédit.

 

[4] Jean François APOKO, Notes de cours ‘’stratégie des organisations, année académique 2001-2002, ENAM, Université Marien NGOUABI, Brazzaville, Inédit.

[5] MONTESINOS André : Organisation du travail administratif hospitalier. Le Centurion Paris, 1973, p.162

[6] Conseil pontifical « justice et paix », Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise LIBERIA EDITRICE VATICANA, 2004, p.100

 

Posted in Uncategorized | Réagir »

La recherche de la fraternité universelle et de paix à travers un ordre international juste

Posted by dse-et-politique on novembre 29th, 2015

Le principe de fraternité est fondé sur la reconnaissance de l’égalité entre tous les individus et sur la dignité humaine. Tous les hommes sur terre étant égaux, ils doivent de l’assistance à leurs semblables lorsque ceux-ci sont en situations difficiles, afin de préserver leur dignité de personne et de rétablir l’égalité.  Les gouvernants et gouvernés chrétiens catholiques s’investissent à la concrétisation de ce principe, pour que la fraternité devienne un devoir universel et de chaque citoyen du monde. 

Le disciple du Christ uni à son maitre se doit de contribuer à former une société juste où tous pourront participer activement avec leurs propres talents à la vie sociale et économique. Ils pourront donc gagner ce qui leur est nécessaire pour vivre selon leur dignité humaine dans un monde où la justice sera vivifiée par l’amour.

En effet, la fraternité  dont il est question ici, est  celle qui, comme  le stipule le chapitre IV,  est ce lien de solidarité à l’origine d’actions d’entraide pour rétablir l’égalité entre tous les citoyens du monde en général. Cette fraternité qui fera que les 16% de la population mondiale qui se partageaient 85% du revenu mondiale en 1996, comprennent qu’il y a injustice dans la répartition des richesses mondiales  et que les biens mis à la disposition de l’homme par le créateur appartiennent à tous.

D’ailleurs bien avant notre ère, la philosophie stoïcienne a été également marquée par son cosmopolitisme. Les hommes sont une manifestation de l’esprit universel et doivent par conséquent vivre dans un rapport d’amour fraternel et d’entraide mutuelle. Les différences extérieures, comme le rang ou la richesse, sont négligeables dans les relations sociales. C’est ainsi qu’avant l’essor du christianisme, les stoïciens reconnaissent et préconisent la fraternité entre les hommes et l’égalité naturelle de tous les êtres humains, y compris entre les hommes et les femmes.[1]




[1]“Stoïcisme.” Microsoft® Encarta® 2009 [DVD]. Microsoft Corporation, 2008.

Posted in Uncategorized | Réagir »

La responsabilité morale des dirigeants civils, dont l’autorité repose sur des fondements philosophiques et théologiques

Posted by dse-et-politique on novembre 29th, 2015

La théologie est la foi en quête d’intelligence comme l’écrit Saint Anselme au XIe siècle après Jésus-Christ. Il dit : « Je croyais sans comprendre et maintenant que je comprends, je crois davantage ». La théologie était considérée comme la doctrine sacrée. Et cela se faisait par la disputatio, une méthode utilisée par Saint Thomas, qui est une discussion qui consiste à mettre ensemble les opinions de tout un chacun en vue de trouver la vérité. C’est cette méthode que les scientifiques et les premiers universitaires ont utilisée pour constituer le corps du savoir. Car en fait  c’est de là que la synthèse se faisait pour faire éclore la vérité. Il sied de retenir que Saint Albert Le Grand, maître de Saint Thomas d‘Aquin, prêtre dominicain est considéré comme le père de la science.[1] Saint Thomas est le premier à introduire la philosophie pour l’étude de la sacra doctrina. Ainsi, l’aspect théologique est le dernier aspect de la science donc la partie finale de la philosophie. Cette sacra doctrina donnait et continue à donner la connaissance de Dieu.

Ainsi, cette sacra doctrina, en phase avec la disputatio permet l’étude des principes. Lorsqu’on arrive  à la compréhension des choses des hommes l’on peut faire la déduction sur Dieu. Ce que l’on applique : se mettre à l’écoute du verbe éternel de Dieu. Car, le verbe éternel de Dieu se comprend comme intelligence par excellence. Par lui, tout a été fait. S’il le réalise ou l’a réalisé c’est par son verbe éternel. Et le verbe c’est ce qui permet à l’homme de saisir Dieu. C’est par le verbe que Dieu s’extériorise, s’exprime. Et c’est par la sacra pagina que l’homme saisit l’intelligence de Dieu. C’est ce qui  met l’homme en contact avec la parole de Dieu. Et pour cela il lui faut la lecture, la méditation et la contemplation.

La science ne peut se faire sans la méthode qu’est la logique. La logique est considérée comme un instrument pour bien raisonner.  Si l’opposé d’une chose est l’absence de cette chose, l’opposé de l’homme est le non homme qu’est l’absence. Ce qui revient à dire que la négation d’une chose est l’opposé d’une chose. C’est le principe de non contradiction et du tiers exclu : si A est égale à B, B est différent de C donc C est différent de A.[2] Et là aussi une autre illustration est que  le mouvement du temps c’est de l’avenir vers le passé car le passé ne devient jamais présent et avenir. Si la métaphysique se comprend avec la logique, c’est que la compréhension de la réalité permet de faire l’éthique.

La philosophie éthique commence avec Aristote où il parle des règles d’une vie bonne donc de l’éthique. Cela a un caractère permanent. En effet, la pensée séjourne là où se trouve le penseur. C’est de là que naquit l’éthique. Les latins emploient mores synonyme de mœurs, habitude qui veut dire morale. D’où à l’époque de Saint Thomas, l’on étudiait d’abord la métaphysique avant l’Ethique, car il fallait fonder l’agir. Si l’on vise l’agir, c’est la métaphysique qui fonde les bases de la réflexion.

C’est dire qu’il s’agit d’une certaine compréhension de l’homme qui doit donner un sens à ce que l’on veut faire. Par exemple, le droit de l’homme est bâtit sur une métaphysique basée sur la vie chrétienne. Une compréhension de l’homme de la manière par sa manière de bâtir et d’organiser la société. Cela signifie qu’il faut d’abord la signification des choses avant d’agir ou de savoir vivre ou le devoir être.

Ainsi, l’éthique permet d’ajuster le comportement par rapport à ce que l’on sait.

Tout ce qui est éthique est de l’ordre de l’imperfection qui appelle un perfectionnement de l’action. C’est pour cela qu’elle est un devoir être. S’il y a le bien vivre il y a aussi le mal vivre.

Pour Saint Augustin, l’homme est teinté de concupiscence, même quand il a envie de faire le bien, il est toujours rattrapé par le mal. Et c’est seul la grâce qui le sauve.

En gros, c’est l’éthique qui donne les éléments pour lutter contre le mal. Le mal moral est lié à la règle ou à une loi.

Ainsi, la raison et la foi ne s’opposent pas mais se complètent. Il ne s’agit pas n’importe quelle foi mais de la foi éclairée. La raison délaissée à elle-même est obscure, et une loi sans raison n’est pas éclairée. Voilà pourquoi le pouvoir de prendre des décisions ou de commander incombera à des personnes conscientes dont l’obligation  d’agir est fondée sur les règles de la morale et des bonnes mœurs, elles-mêmes reposant sur des bases philosophiques et théologiques.

 




[1]“Albert le Grand, saint.” Microsoft® Encarta® 2009 [DVD]. Microsoft Corporation, 2008.

[2]“Syllogisme.” Microsoft® Encarta® 2009 [DVD]. Microsoft Corporation, 2008.

 

Posted in Uncategorized | Réagir »

La valeur du travail considérée sous ses aspects sociaux et individuels et la dignité du travailleur plus estimée que le produit de son travail

Posted by dse-et-politique on novembre 29th, 2015

Léon XIII et Pie XI ont enseigné que le travail avait un double caractère. Il est l’expression de la personne humaine. En effet, la personne du travailleur se trouve engagée dans son travail avec tout ce qu’elle est : force physique, musculaire, nerveuse, intelligence, responsabilité d’homme, époux, épouse.

Le travail ne doit pas être assimilé à une marchandise, non plus être considéré comme une force productive au service d’un Etat. Le contraire est synonyme de méconnaitre le caractère personnel du travail. Ces erreurs considèrent le travail comme s’il pouvait être détaché de la personne qui travaille ; Comme s’il n’était pas inhérent à sa personne.

Le travail a ses répercussions sur les conditions de travail parce qu’il est inséparable de la personne et, ce principe s’impose à l’Etat car, il intervient dans la rémunération.

Le deuxième caractère du travail est qu’il est nécessaire. En effet, il est le moyen pour le travailleur de se procurer de ce qui lui est indispensable, pour le faire vivre lui et sa famille.

Au milieu du XIXe siècle, certains socialistes disaient que chaque individu a le droit de réclamer de l’Etat un emploi, encore que, l’Etat a le devoir dans certains cas, de procurer du travail. Mais cela veut dire que dans une société bien organisée tout homme aurait le droit de trouver dans son travail ce qui lui est nécessaire pour vivre une vie humaine.

 

Pour Léon XIII, il y avait un minimum, parlant de la rémunération, au-dessous duquel le salaire est injuste. Il faut donc au travailleur un salaire vital ou un juste salaire.

 

Selon Pie XI,  le salaire vital a trois facteurs.

Les besoins de l’ouvrier sont le premier facteur, c’est-à-dire la subsistance de sa famille et lui-même, avoir des économies qui lui permettront une certaine élévation à un degré d’aisance et de culture, la protection contre les risques naturels, la maladies, la vieillesse et les risques professionnels ; la défense des ouvrières et de leurs salaires en est le deuxième; par exemple si la femme est capable de donner la même prestation de travail, à égalité de rendement, l’ouvrière a droit au même salaire que l’ouvrier ; et le troisième facteur est que le salaire juste survienne au besoin de l’ouvrier et de sa petite famille.

Le travail doit être organisé dans une économie sociale surtout si l’initiative privée est inopérante et insuffisante. En effet, Les pouvoirs publics doivent procurer des emplois en entreprenant des travaux d’utilité générale et en facilitant par des conseils ou d’autres moyens, l’embauche  à ceux qui le cherchent. Ainsi, pour lutter contre le chômage, il faut une collaboration à l’échelle nationale de toutes les bonnes volontés et à l’échelle universelle des peuples et des Etats en vue de rechercher ensemble des solutions.

Enfin, le travail est le moyen que Dieu a offert aux hommes pour coopérer à son œuvre de création et pour construire eux-mêmes tous ensemble une cité terrestre. Le travail est social. C’est un facteur d’unité entre les hommes, et cela fait partie de par sa nature : il les rapproche, les relie les uns aux autres dans l’accomplissement d’une même tâche supérieure, celle de procurer à la société les biens et services qui lui sont utiles ou nécessaires. Le travail est service de l’humanité, étant plus humain, il rapproche de Dieu.

Posted in Uncategorized | Réagir »

Les principes de justice, d’égalité et de responsabilité appliqués à tous les partenaires de l’activité économique

Posted by dse-et-politique on novembre 29th, 2015

Mon enfant, dans la démarche de Dieu, dans sa relation avec l’Homme et toutes ses créatures, la justice est une valeur fondamentale. La justice est une réponse à l’offre de Dieu, une réaction à son action. Ainsi, la justice élève une nation, mais le péché est la honte des peuples[1].  Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes[2].

L’organisation de la justice des hommes est influencée par la volonté divine si on s’en tient à ce que l’ancien testament nous rapporte dans Lévitique : « Tu ne commettras point d’iniquité dans tes jugements : tu n’auras point d’égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice »[3].      

En effet, au sein de chaque nation, ces principes sont universels et l’on ne peut en inventer à volonté, même si la justice est en soi une idée assez abstraite, et que chacun en a une idée différente. Les tribunaux et les magistrats, dans leur ensemble, forment ce qu’on appelle le pouvoir judiciaire. Et ce dernier existe pour rendre la justice. Aussi, la justice, avant son administration, exige d’abord de s’accorder sur les règles applicables à tous : C’est l’impersonnalité de la loi : sa raison d’être. Effectivement, la justice définit ces règles avant même l’existence d’un conflit à trancher. Ce qui veut dire tout simplement que l’on ne peut pas changer les règles établies en cours d’un jeu.[4]

La première garantie de la justice est l’égalité. La loi est la même pour tous. La deuxième garantie est l’impartialité. L’impartialité signifie donc que la décision n’est pas arbitraire, laissée au caprice du juge, mais qu’elle repose sur la loi. Car, le juge applique juste la loi, il ne la fait pas, et non plus ne peut la modifier. Ce sont ces deux idées qui  doivent inspirer l’organisation de la justice dans une communauté.

La justice doit être la même pour tous les citoyens : elle reposera alors sur le principe d’égalité. En effet, en son article 6, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dispose : la loi « doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse ».[5] Dans nos pays, pas seulement avant 1789, même de nos jours, du fait de quelques égarements, il existe parfois une justice différente selon la catégorie sociale à laquelle on appartient. Désormais, les mêmes droits et les mêmes procédures doivent s’appliquer à tous.

Sur ce, Saint Thomas d’Aquin pense que : ‘’la justice, parmi les autres vertus, a pour fonction propre d’orienter l’homme dans les choses relatives à autrui. En effet, elle implique une certaine égalité, comme son nom lui-même l’indique : ce qui s’égale s’ajuste, dit-on vulgairement ; or, l’égalité se définit par rapport à autrui.’’[6]

Le principe de la séparation des pouvoirs est le principe organisateur de la justice. En effet, le pouvoir judiciaire doit être indépendant du pouvoir politique. Le pouvoir législatif fait la loi, mais ne juge pas. Le juge ne peut pas changer la loi, mais il doit l’appliquer. Cette indépendance garantit l’impartialité et la neutralité des juges pour les affaires qu’ils ont à juger. La neutralité implique que le juge va décider en fonction de l’affaire et de la loi qui doit s’appliquer, mais pas en préférant l’une ou l’autre des parties qui s’opposent au procès.

Notre inspiration vient de la France en ce qui concerne l’organisation de la justice dans nos pays francophones ou colonisés par elle. En effet, l’indépendance de la justice devait se manifeste aussi dans la carrière des magistrats. Le pouvoir judiciaire, pour être indépendant véritablement, devait être administré non pas par l’État, mais par un organe indépendant, comme le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) en France; où les juges sont recrutés pour leurs compétences. Ils sont nommés par l’État, mais ils ne peuvent pas être renvoyés par lui : ils ne peuvent donc pas être menacés directement par le pouvoir politique. C’est le cas, pas seulement  dans nos pays, même celui que nous venons de citer, loin d’être indépendant la justice est toujours subordonnée au pouvoir politique car ces organes et ces juges sont souvent l’émanation du lobby aux affaires.

En raison du principe d’égalité, l’accès à la justice doit être garanti à tous les citoyens, quels que soient leurs revenus. C’est pourquoi les juges doivent rendre la justice gratuitement. Mais n’empêche qu’un procès entraîne toujours des frais du fait qu’il faut payer les services rendus par les avocats, les huissiers, les experts. Ainsi, l’Etat doit faire que ces frais ne soient pas exorbitants parce que cela peut être un obstacle pour les individus qui n’ont pas de revenus suffisants : ils risquent ainsi de renoncer à demander justice à cause du coût financier. Ainsi, l’État doit mettre  en place une aide juridictionnelle. Il s’agirait d’une aide financière qui serait accordée aux personnes ayant des revenus modestes. L’État prend en charge la totalité ou une partie des frais d’un procès. Ainsi, toute personne confrontée à la justice doit donc être assistée et défendue par un avocat. Le tribunal doit en désigner un pour assister et défendre celui qui n’en a pas. Ces avocats sont directement payés par l’Etat.

Une véritable justice tient compte aussi du principe du débat contradictoire qui stipule que dans un litige, chaque partie concernée a le droit de prendre connaissance des demandes et des reproches de la partie adverse. Ces droits et principes  permettent à tout accusé d’avoir droit à un procès équitable. Il existe d’autres droits de ce type que nous ne pourrons développer ici, mais, en ce qui le concerne, le juge ne pourra trancher le litige qu’après avoir entendu les arguments déposés par chacune des parties.

Tant qu’un jugement ne l’a pas déclarée coupable, toute personne suspectée d’avoir commis une infraction est considérée comme innocente : c’est la présomption d’innocence qui est l’une des garanties d’un procès équitable. Selon ce principe fondamental, On dit qu’elle est « présumée innocente ».

L’objectif de la justice est de réduire les conflits dans la société en proposant une réglementation conduisant au bien commun. Celui-ci  exprime la réalisation du bonheur pour le plus grand nombre. Ainsi, la justice transite par une réglementation qui vise à attribuer à chacun ce qui lui appartient et à lui garantir ses droits. Les deux dimensions de la justice sont la justice commutative et la justice distributive.

La justice commutative règle les rapports entre les individus deux à deux en établissant l’égalité en droit des personnes. Elle définit tous les droits qui portent sur les échanges des privés. La justice commutative organise le fonctionnement de la société libre car celle-ci cherche à préserver les libertés. Ce n’est pas la loi du plus fort qui fixe la règle de l’échange entre les individus mais une loi communément acceptable. La loi est unique et s’applique à tous de façon égale. Elle définit un ensemble de droits dits fondamentaux qui préservent la liberté individuelle.

En revanche, la justice distributive, directive ou corrective, préside aux rapports de la société avec ses membres pour la répartition des biens, des récompenses et des châtiments.

Ces notions de justice commutative et distributive, appliquées au domaine économique, définissent la justice sociale. 

L’objectif de la justice sociale se résume dans l’article 1 de la constitution française de 1793 : « le but de la société est le bonheur commun ».  Le bonheur commun préconise le bonheur pour le grand nombre c’est-à-dire le bien commun.

Ainsi, pour concevoir le bonheur pour le plus grand nombre, il faut se placer dans la situation d’un individu rationnel qui ne sait ni à quelle date il va naître ni quelle place il occupe dans la société. L’individu ne peut savoir s’il sera riche ou pauvre, bien portant ou malade, etc. Sous l’hypothèse d’aversion au risque, un tel observateur sera particulièrement attentif aux positions sociales avec un faible niveau de satisfaction. La justice sociale apparaît derrière ce voile d’ignorance. Ainsi, la mise en pratique de la justice sociale est la protection sociale solidaire qui peut se mettre en place de manière automatique dans le cadre d’une économie de marché ou apparaître sous la forme d’un Etat providence sous la pression sociale.[7]

Le principe d’égalité affirme que tous les êtres humains sont égaux en droits, quels que soient leur sexe, leur origine, leur religion, leur culture, leur condition sociale, leur état de santé ou leur niveau d’instruction.

L’égalité est un principe fondateur des démocraties modernes. Pendant longtemps, le décalage a été grand entre ce principe et la réalité. Et, de nos jours encore, il est difficile de lutter contre les inégalités et les discriminations qui touchent certaines catégories de personnes.

Le principe d’égalité est proclamé en 1776 par la Déclaration d’Indépendance américaine, puis par les révolutionnaires français dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Celle-ci affirme que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits». Ce principe est la reconnaissance des « droits naturels de l’homme », quels que soient leur sexe, leur origine, leur religion, leur culture, les hommes sont d’abord des êtres humains, dont il faut respecter la dignité.[8]

Cette affirmation de la dignité humaine passe par la reconnaissance de droits fondamentaux. Au premier rang d’entre eux se placent la liberté, qui fonde l’autonomie de chacun : penser, s’exprimer librement, etc. ; et l’égalité, qui consiste en l’accès de tous à la liberté (c’est-à-dire l’égalité des droits).

Parlant de l’égalité des chances,  la Déclaration de 1789 affirme aussi que les hommes sont libres d’accéder, s’ils le souhaitent, « à des dignités ou des emplois, sans autre distinction que celle de leur vertus et de leurs talents ».

Cette affirmation s’oppose, dans nos pays, de nos jours, aux privilèges dont bénéficient les proches de la classe au pouvoir à l’instar des nobles en Europe, en raison de leur naissance et qui leur permettaient d’accéder aux postes supérieurs. Si ces privilèges sont abolis chez eux, nous aussi pays entrant dans la modernité devons affirmer donc, une certaine égalité des chances.

L’égalité devant la loi est une longue conquête. Ces principes ont mis un certain temps à s’imposer en France. Et l’égalité devant la loi a été une longue conquête. L’esclavage n’a été définitivement aboli qu’en 1848. La reconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes n’a été obtenue que tardivement : ces dernières n’ont reçu le droit de voter qu’en 1944. Même au XXe siècle, le principe d’égalité a été plusieurs fois bafoué, en particulier pendant la Seconde Guerre mondiale.

Et, si l’égalité est désormais un principe fondateur des démocraties modernes, de nombreux pays africains, même si cela est écrit noir sur blanc dans leurs constitutions,  ne la respectent pas. Dans ces pays, il se remarque dans l’administration une discrimination qui consiste à ne pas traiter de manière égale une personne, voire à la rejeter, parce qu’elle ne parle pas le même patois que son interlocuteur ou son patronyme ne concorde pas avec ceux de la province de ce dernier ; mariages forcé des jeunes filles, viol et j’en passe. L’Etat congolais fait des efforts considérables pour qu’il n’y ait pas discrimination concernant les différences  reposant sur le sexe, la religion, l’état de santé. Mais  la différence  reposant sur la tribu, reste encore une plaie.

Afin de combattre cette discrimination, en dehors des lois qu’ils faillent renforcer, il faut renforcer l’apprentissage de la tolérance pour tant soi peu venir à bout des discriminations comme l’on sait que les situations de discrimination sont souvent difficiles à prouver. Mais il y a de celles que l’on peut tout simplement constater et même chiffrer.

L’égalité des chances est un objectif difficile à atteindre. Il ne suffit pas que la loi soit la même pour tous pour que l’égalité des chances soit réelle. Il existe des différences entre les membres de la société qui rendent plus difficiles l’exercice des droits fondamentaux. Ces différences sont donc à l’origine d’inégalités. La pauvreté ou le handicap, par exemple, peuvent être un obstacle difficile à surmonter.

Le domaine de l’éducation est représentatif de ces difficultés. Au Congo, l’instruction est prise en charge par l’État : l’école gratuite et obligatoire pour tous. Le droit à l’éducation est même reconnu comme un droit fondamental : chacun, quels que soient ses origines et son milieu, doit pouvoir étudier aussi longtemps qu’il le veut et qu’il en a la capacité.

Mais, dans la réalité, la gratuité de l’école n’empêche pas l’existence d’une inégalité dans l’accès aux livres, aux activités extrascolaires, aux bourses d’études etc. C’est ainsi que l’État devra mettre en place des dispositifs qui permettent d’agir contre ces obstacles.

La lutte contre les inégalités est indispensable. Ainsi, l’Etat doit mettre en place des mécanismes pour lutter contre ces inégalités. Des lois doivent être renforcées pour tenter de réduire les inégalités face au travail (chômage), à la formation (coût des études, octroi des bourses etc.), ou encore face à la santé et la mort (l’espérance de vie varie de plus de huit ans selon les catégories sociales).

Les mécanismes mis en place par l’État pour lutter contre ces inégalités sociales devront reposer sur la solidarité nationale c’est-à-dire de transférer plus de ressources nationales vers les zones les plus défavorisées qui se trouveraient plus dans l’hinterland mais aussi dans les grandes villes où l’on trouve encore deux à trois cent élèves dans une classe et assis à même le sol.

La solution est dans Deutéronome 6:25 : «  Nous aurons la justice en partage, si nous mettons soigneusement en pratique tous ces commandements devant l’Eternel, notre Dieu, comme il nous l’a ordonné ».




[1] TOB, Proverbes 13 :21 ;

[2]TOB, Luc 16 :10

[3]TOB, lévitique 19 :15,

[4]Les principes de la justice Encarta junior

[5] Justice (philosophie).’’Microsoft R Encarta R 2009 [DVD]. Microsoft Corporation, 2008.

[6]Source : Thomas d’Aquin (saint), Somme théologique, trad. par M.-S. Gillet, Paris, Tournai, Rome, Société Saint-Jean l’Évangéliste, Desclée, 1948.

 

 

[7]Dr DIMI, Notes de cours ‘’Economie de la protection sociale’’, Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature,  Université Marien NGOUABI, Brazzaville, année académique 2001-2002, inédit.

[8]Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation.

 

Posted in Uncategorized | Réagir »

Le droit à la propriété privée, un principe à réconcilier avec la destination universelle des biens matériels crées pour tous.

Posted by dse-et-politique on novembre 29th, 2015

La propriété personnelle a pour but les biens de consommation individuelle, dans le sens d’un respect et d’une protection de la petite propriété, qui répond au besoin et au travail de la personne humaine en l’occurrence le sol, l’habitat, etc.

 

Cette propriété privée repose sur quatre principes, à savoir :

 

  • premièrement, la destination universelle des ressources de la création toute entière et la communauté fondamentale des biens de la terre.

     

    Selon le principe de la justice et de la charité, tout ce que Dieu a créé est pour satisfaire tous les hommes ; Ce principe fonde l’étroite solidarité des peuples dans la mise en œuvre des richesses du monde pour un mieux-être de l’humanité. Ainsi, Pie XII dénonçait entre autre : le déséquilibre entre peuple créancier et peuple débiteur, la disproportion irritante dans le standard de vie des peuples, les douloureux problèmes des immigrants, et l’enrichissement scandaleux d’une minorité et l’extrême pauvreté de la majorité.

     

  • Deuxièmement, la distinction entre le droit de propriété et l’usage.

     

    Parlant du droit de propriété, c’est un vrai droit que possède le propriétaire sur son bien. C’est de la nature que les hommes l’ont reçu, et donc de Dieu, puisque la nature humaine a été créée par Dieu, elle est son œuvre. Il est donc une exigence de l’être humain, qui, raisonnable et libre, peut et doit pouvoir organiser judicieusement l’usage des biens nécessaires à sa vie, à ses besoins, à ceux de sa famille, non seulement dans le présent, mais aussi dans l’avenir : ce qui implique le droit de le posséder.

    Quant au droit d’usage, la propriété ne doit pas être considérée comme le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, sauf si la limite des lois et règlement qui n’empêche pas de nuire à autrui. Celui qui possède un bien en est vraiment le maître. Mais ce maître n’est pas le maître absolu de sa chose. Le propriétaire  d’un bien doit en user librement pour une fin honnête. Saint Thomas d’Aquin dit que sous le rapport de l’usage, l’homme ne doit pas posséder les biens extérieurs comme propres, mais comme communs, de telle manière qu’il les communique facilement dans les nécessités des autres.

     

  • Troisièmement, la propriété doit servir la vie humaine,  personnelle, familiale et sociale.

     

    La propriété au service de la vie humaine est un stimulant au travail, à l’épargne, elle assure le respect de la dignité et de la liberté de l’Homme.  A la vie familiale, la propriété  assure sa stabilité, sa cohésion, son utilité et son indépendance afin que le père de famille arrive à remplir ses devoirs envers sa famille. Concernant la vie sociale, l’Homme donne plus d’attention, de soin, d’effort à mettre en valeur son bien propre que le bien qui ne lui appartient pas.

     

  • Quatrièmement, le régime de la propriété n’est pas immuable.

     

    Ce régime a subi et subira encore des évolutions. La doctrine sociale de l’Eglise nous renseigne que l’Eglise n’est liée à aucun régime de propriété. Quel qu’il en soit elle défendra toujours les droits de la personne humaine.

Posted in Uncategorized | Réagir »

La famille comme cellule de base de la société

Posted by dse-et-politique on novembre 28th, 2015

La communauté familiale naît du pacte d’alliance des époux. Ce pacte d’amour conjugal fonde le mariage. Le mariage n’est donc pas une création des pouvoirs publics, mais une institution naturelle et originelle qui leur est antérieur. La famille est une communauté de plusieurs  personnes. Et qui dit famille implique le mariage donc des époux : un homme et une femme. Ainsi, une famille fondée par le mariage fait naître la communauté. D’où, la famille chrétienne est une communauté d’amour.

Il sied de signaler que le mariage chrétien est un pacte d’alliance d’un homme et d’une femme baptisés. La famille chrétienne a des fonctions qui sont les suivantes : être une communauté d’amour et de personnes ; être au service de la vie ; participer au développement de la société et aussi à la mission de l’Eglise.

Qu’est-ce à dire que la famille est une communauté d’amour et de personnes ?

Il faut savoir que la famille selon la vision de l’Eglise, est une communauté de personnes née de l’alliance conclue entre un homme et une femme dans le mariage. Cette alliance est un pacte d’amour que ces derniers doivent exprimer et vivre afin que la communauté qu’ils génèrent devienne un lieu de paix, d’éducation et de civilisation. 

Par communauté de personnes ressort l’aspect de la différence. L’homme et la femme sont différents par leur morphologie, leur origine. De cette différence jaillit l’amour. Car l’amour est plus grand que les différences. C’est une communauté de différence et de diversité, et ce qui unit ces différences c’est l’amour.

Quant à la famille qui est au service de la vie, cela est à comprendre sous deux aspects : le premier élément est le respect de la vie et le deuxième est l’éducation.

Concernant le respect de la vie, la famille est ce lieu  où la vie doit être respectée, promue. Car,  les êtres humains que nous sommes, représentons une volonté de Dieu comme l’est aussi la vie divine que nous avons.  Ainsi, pour ce respect il faut éviter les avortements puisque toute chose a un début et celui de l’être humain est l’embryon ou le fœtus. C’est pour cela que l’Eglise va à l’encontre de l’usage des embryons pour des besoins thérapeutiques. Elle refuse  la fécondation assistée et par le fait même l’eugénisme et l’euthanasie au nom de ce respect de la vie.

Du point de vue spirituelle,  pour qu’une famille, même une communauté nationale réussissent à jouer pleinement son rôle, il faut au prime abord, le primat de l’amour ; deuxièmement, la logique du don ;  troisièmement, l’organisation, puis, la communication

Abordant le point sur l’exigence de l’amour, il faut que l’époux et l’épouse puissent s’aimer. S’il n’y a pas cet amour, tout ce qui peut se faire n’apportera rien au couple. L’amour est une voie infiniment supérieure. C’est pour cela, comme l’a écrit  Saint Paul aux Corinthiens[1], la famille aussi devra chanter l’hymne  à la charité  qui dit :

  • Quand je parlerai en langues, celle des hommes et celle des anges, s’il me manque l’amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante.

  • Quand j’aurais le don de prophéties, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j’aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien.

  • Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque l’amour, je n’y gagne rien.

  • L’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil,

  • il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune

  • il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité.

  • Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.

 L’expression de l’amour doit venir du plus profond de l’être.

Chaque jour le couple doit se redécouvrir, grandir. Car, quand l’amour n’est plus c’est la haine qui prend le dessus. Quand il y a l’amour tout trouve son sens.

Parlant de la logique du don,  la famille doit apprendre à donner. Ce qui signifie pour l’autre partie qu’elle doit apprendre à recevoir. C’est dans cette logique  du donner et du recevoir que se trouve ce concept de sacrifice. Le sacrifice ne se comprend que dans cette logique. Quand la notion du sacrifice n’est pas de mise, ceci nous renvoie au déficit ou au manque de la logique du don et s’il y a absence de cette logique, cela signifie qu’il n’y a pas d’amour. La logique du don, c’est-à-dire du donner et du recevoir, renvoie au sacrifice, à la disponibilité et au service. Ce mécanisme nous conduit à l’inexistence de l’égoïsme. Car est égoïste celui qui ne veut pas donner.

Pour qu’il y ait une organisation, il doit y avoir un postulat, et ce postulat est le projet. L’organisation n’est possible que s’il y a projet. Existe-t-il de projet dans nos familles ? Car, il n’est qu’une extériorisation de notre amour. Quand il n’y a pas de projet, le couple  ou la famille ou même la communauté nationale navigue à vue. L’existence d’un projet permet que tout s’exécute de façon précise. Dans la préparation au mariage, il faut aider les conjoints sur leur vie de couple. Par exemple sur l’éducation des enfants, l’orientation à donner à la vie commune…

L’absence de projet nous envoie à l’incapacité d’évaluer notre vie commune. Et cette famille sera désorganisée à contrario de celle qui a un projet claire.

Enfin, la communication où l’on trouve deux formes : le dialogue et le pardon. En effet, c’est en dialoguant que nous avons le pardon.

Le pardon permet de rétablir le dialogue ou la communication qui a été rompu. Car, si l’on ne se parle pas dans la famille ou dans la communauté, beaucoup de problèmes ne seront jamais résolus.

Mon enfant, c’est pour cela que ta génération et toi devrez être exigeantes sur le respect de cette valeur, sans quoi la communauté toute entière pourra en pâtir. 




[1] TOB, 1Corinthiens, 13,1-7

Posted in Uncategorized | Réagir »

La personne : sa dignité spirituelle, sa liberté et sa responsabilité

Posted by dse-et-politique on novembre 28th, 2015

La personne est cet être humain en tant qu’individu avec tout ce qui fait sa personnalité, cette créature de Dieu qu’il a faite à son image, selon sa ressemblance. Il a fait de cet homme maître de toute chose vivant sur terre. En effet, le créateur dit en le créant ‘’qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent  sur la terre.’’ L’Homme exerce donc sur les choses de la création et les êtres inférieurs une domination analogue à la souveraineté de Dieu sur le monde. Il les créa aussi mâle et femelle au risque de l’oublier.

Ainsi, chaque homme représente une valeur transcendante et absolue car l’auteur de la nature humaine lui a donné une âme immortelle. Pie XII disait « que chacun concoure pour sa part à rendre à la personne humaine la dignité qui lui a été conférée par Dieu dès l’origine ».

La société selon la doctrine sociale de l’Eglise est au service de la personne  humaine pour respecter sa dignité, lui permettre d’atteindre sa fin et d’acquérir son plein développement humain. La société est faite pour l’Homme et non l’Homme pour la société. Cela ne veut pas dire que la société soit subordonnée à l’utilité égoïste de l’individu, mais cela veut dire que l’homme est un être social par nature et il ne peut développer ses aptitudes que dans la société, grâce à l’aide que celle-ci lui procure pour sa vie physique intellectuelle, morale, familiale et sociale.

La liberté de l’homme vient de ce qu’il est maître de lui-même et responsable de ses actes et de son destin.

Son esprit, l’âme immortelle qu’il a reçu de son créateur, son intelligence, sa raison, sa faculté qui lui permet de réfléchir, de choisir, de se prononcer, de se décider et de se gouverner lui-même en personne humaine sont à la base de cette liberté et de cette responsabilité.

Ainsi, de cette valeur découlent trois principes, à savoir :

  • Le premier principe est qu’ il n’est permis à  personne de violer impunément cette dignité de l’homme que Dieu lui-même traite avec un grand respect : c’est une interdiction formelle et universelle ;
  • le deuxième est que tous les hommes sont égaux, point de différence entre riche et pauvre, entre maître et serviteur, entre prince et sujet ;
  • et enfin le troisième est que l’Homme n’est pas un simple objet dont on peut disposer. Il n’est pas un objet, il est sujet ; sujet de droit disait Pie XII.

Posted in Uncategorized | Réagir »

QUELQUES VALEURS D’INSPIRATIONS CHRETIENNES POUR UNE GESTION ADEQUATE DE LA COMMUNAUTE NATIONALE

Posted by dse-et-politique on novembre 28th, 2015

Depuis des temps immémoriaux, l’exercice du pouvoir politique est considéré comme une des manifestations de la volonté divine. En effet, il n’est pas rare d’entendre dire que : ‘’tout pouvoir vient de Dieu’’. Et partant, le salut, la joie et le bonheur des hommes passent par la pleine acquisition et jouissance des biens terrestres que Dieu a gracieusement mis à notre disposition. Puisque l’homme est un être social, ce qui entre en jeu dans la société c’est la dignité, et les droits des personnes, ainsi que la paix dans les relations entre les personnes et entre les communautés de personnes ; ce sont aussi des biens que la communauté sociale doit poursuivre et garantir. Alors, sommes-nous en droit de nous poser ces questions fondamentales : pourquoi existe-t-il cette disparité de conditions humaines où les riches deviennent de plus en plus riches, les pauvres sombrent dans la misère dans notre pays, la dignité de l’homme est foulée au pied, l’égalité des chances n’existe presque plus, la charité devient une vertu surannée ? Quelle est la responsabilité, sinon la place et le rôle du chrétien congolais dans la gestion adéquate de la communauté nationale?

 

Dans cette quête d’humanisation du pouvoir politique le gouvernant et/ou le gouverné qui se dit chrétien doit comprendre que l’Eglise a façonné l’éthos collectif et les comportements sociaux à travers les siècles soutenant ainsi les valeurs centrales de justice et de charité. Ainsi, l’amour et la charité sont devenus des normes des relations sociales. Il ne s’agit pas dans l’exercice du pouvoir politique d’aimer seulement ses propres amis ou ses propres parents, sa tribu, les ressortissants de sa région mais aussi d’aimer les membres des autres tribus, les étrangers et même vos ennemis et vos persécuteurs.

‘’L’amour, comme le dit Hervé CARRIER S.J., ne reconnaît aucune restriction de race, de condition sociale, de sexe’’.[1]

Saint Paul dans son épitre aux Galates dit « il n’y a ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, il n’y a ni homme, ni femme car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus ». (Gal3, 28) Et c’est Dieu lui-même qui est la norme de cette fraternité : nous devons tous nous aimer les uns les autres comme Dieu nous aime, et comme Jésus nous l’a enseigné «Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous  ai aimés, aimez-vous les uns les autres». (Jn13, 34)

 

Alors, fort de cet enseignement du Christ l’on peut se poser une fois encore avec insistance la question de savoir quels sont la place et le rôle du chrétien dans la gestion adéquate de la communauté nationale d’autant plus que le fossé entre riches et pauvres, entre gouvernants, serviteurs du bien commun, et gouvernés devient de plus en plus important ? Le non-respect des droits humains, le manque de cohésion nationale et les antivaleurs sont sublimés par lesdits chrétiens ?

 

Il s’avère que depuis les temps anciens les modes de vie chrétiens ont changé tous les aspects des sociétés. La doctrine sociale de l’Eglise n’est pas seulement théorique, elle est pleinement pratique, car elle peut s’appliquer à des situations historiques successives et est ouverte à un renouveau permanent, du fait que la réflexion chrétienne porte sur les situations changeantes et sur les défis éthiques des différentes sociétés.

 

Quel devait être le point de vue du chrétien dans la gestion adéquate de la cité ?

 A cet effet, avec le recul du temps, même si en Europe les églises se vident, n’empêche que ces grandes nations modernes sont le fruit des valeurs morales chrétiennes et, l’appropriation, de  ces valeurs centrales énoncées par Hervé Carrier[2], par les chrétiens africains en général et congolais en particulier, serait le point de départ des fondations d’une société africaine modèle.

 

Il s’agit, entre autre, des valeurs ci-après :

 

-   La personne et sa dignité spirituelle, sa liberté, sa responsabilité ;

-   La famille comme cellule de base de la société ; 

-  L’esprit de solidarité parmi les citoyens,  esprit qui inspire une attention à l’égard du commun de la société et en particulier envers les pauvres ;

-   Le droit à la propriété privée, un principe à réconcilier avec la destination universelle des biens matériels créés pour tous ;

- Les principes de justice, d’égalité et de responsabilité appliqués à tous les partenaires de l’activité économique ; 

-  La valeur du travail considérée sous ses aspects sociaux et individuels et la dignité du travailleur plus estimée que le produit de son travail ;

-  la responsabilité morale des dirigeants civils, dont l’autorité repose sur des fondements théologiques et philosophiques ;

-  la recherche de la fraternité universelle et de paix à travers un ordre international juste. 

 

Lors de mes prochains articles j’essaierai de développer une par une ses valeurs indispensables.




[1]Hervé Carrier S.J. Nouveau regard sur la doctrine sociale de l’Eglise ; Cité du Vatican, 1990 ;

 

[2] Hervé Carrier S.J. Nouveau regard sur la doctrine sociale de l’Eglise ; Cité du Vatican, 1990 

Posted in Uncategorized | Réagir »

Les gouvernés et la sauvegarde de la paix

Posted by dse-et-politique on novembre 22nd, 2015

Princesse, tu te demanderas quel est alors l’apport des gouvernés dans cette quête de paix inhérent à la gestion de la chose publique? Les citoyens, à leur tour, ont l’obligation de rendre tous les services, matériels et personnels, dont la nation a besoin pour le bien de tous ; mais ils ont également le devoir d’obéir à l’autorité légitime constituée, sans reconnaître toutefois un pouvoir excessif à l’Etat. Ils ne doivent pas attendre du gouvernement des services impossibles, ayant toujours présent à l’esprit leur responsabilité personnelle et sociale. Les fidèles du Christ doivent prendre conscience de leur fonction particulière dans la communauté politique ; il leur revient de donner l’exemple du sens de la responsabilité et du service dans les affaires publiques ; Ils doivent reconnaître que c’est seulement s’ils mettent en place une paix véritable qu’une nation peut véritablement se construire et que eux peuvent mériter d’être appelé fils de Dieu comme le rapporte l’évangéliste: « Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu ». La paix véritable ne peut s’obtenir si l’on ne sauvegarde pas les valeurs de la personne, avec l’aide des hommes qui, librement et loyalement, apportent leur contribution avec les dons qui leur sont propres. Pour construire cette paix véritable, il est essentiel d’avoir le respect des autres et vivre comme des frères. Les chrétiens doivent savoir que le Christ a réconcilié tous les hommes avec Dieu, en en faisant un seul peuple et un seul corps. Le Christ, aujourd’hui, peut réconcilier non seulement les riches et les pauvres, les forts et les faibles, les non-croyants et les croyants mais aussi et à plus forte raison, les 80% des chrétiens issus des différentes tribus congolaises. Saint Paul dans son épitre aux Galates dit ‘’il n’y a ni juif, ni grec, ni esclave, ni homme libre, il n’y a ni homme, ni femme car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus’’ . Et c’est Dieu lui-même qui est la norme de cette fraternité : tous doivent s’aimer les uns les autres comme Dieu les aime, comme Jésus nous l’a enseigné ‘’Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres’’ Même si dans notre pays il y a des rancœurs et frustrations en rapport avec les différents troubles politiques, le chrétien doit apprendre à pardonner afin de sauvegarder la paix. Car, dans notre vie de tous les jours, il sera toujours confronté à plusieurs défis, à savoir son attitude vis-à-vis de ses ennemis et de ceux qui désirent lui faire mal. A cet effet, l’Evangile de Matthieu déclare qu’il n’y a quatre choses que nous pouvons faire face à nos ennemis, à savoir : les aimer; bénir ceux qui nous maudissent ; faire du bien à ceux qui nous haïssent ; et prier pour ceux qui nous maltraitent et qui nous persécutent . Et nous savons que les conseils du Seigneur sont le chemin de la vie pour nous. Après la résurrection, le Christ a envoyé l’Esprit d’amour dans le cœur des hommes, et ceci doit pousser tous les chrétiens à collaborer avec ceux qui aiment véritablement la paix, qui travaillent pour la paix et sont les hérauts de la paix. La menace de violence accompagne l’homme pécheur et c’est seulement lorsque les hommes seront unis dans l’amour qu’ils pourront et réussiront à éviter la violence. Alors s’accomplira cette parole : « Il sera juge entre les nations, l’arbitre des peuples nombreux. Martelant leurs épées, ils en feront des socs, de leurs lances, ils feront des serpes. On ne brandira plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à se battre » . Avec une telle perspective qu’est-ce que le chrétien congolais n’est pas capable de faire ? D’autant plus que les gouvernants doivent respecter les constitutions et ne pas faire du pouvoir une fin en soi avec pour prétexte préserver la paix nécessaire au développement. Les gouvernés doivent connaître que, c’est un secret de polichinelle, la plupart des chefs d’Etats africains ou d’ailleurs, leurs proches, ont peur de quitter le pouvoir par le fait qu’ils sont menacés de poursuites judiciaires après leur mandat. Ainsi, pour éviter le statu quo, mon enfant, il faut qu’il y ait d’abord réconciliation des chrétiens avec Dieu, puis avec eux-mêmes. Qu’ils comprennent le sens du pardon. Ce don qui est au-dessus de tout don. Le dirigeant n’est pas un ennemi, mais il est aussi le prochain qu’il faut aimer comme soi-même. Même si c’est un ennemi, Jésus-Christ notre Seigneur nous a déjà dicté notre conduite devant cet état de chose. La paix véritable passe par là. Cela veut dire que les fidèles du Christ, dans le contexte actuel de notre communauté nationale, doivent aider et encourager le gouvernant réticent, si cela se faisait sentir, de quitter les affaires et à partir sans remord ; remords souvent dus aux menaces des règlements des comptes quand ils ne sont plus aux affaires. En quoi faisant ? En acceptant que la vraie justice soit celle de Dieu et non celle des hommes. Si nous exigeons au gouvernant de faire des concessions avec sa conscience pour préserver la paix, il faut que les fidèles du christ qui sont membres de l’Eglise aident le peuple dans son entièreté à se départir de la haine qui empêche la communauté nationale à s’engager véritablement sur le chemin de la paix et de justice. Vouloir se maintenir au pouvoir est un recul démocratique d’autant plus que la démocratie est un modèle de régime encouragé par Dieu à travers l’Eglise. Car ce régime assure le respect des droits humains et des libertés fondamentales. Mais, quel que soit le prix à payer, le chrétien doit apprendre à pardonner, à se faire pardonner à se réconcilier avec son Dieu et à lui laisser conduire sa barque. En effet, de même que le Christ a eu à verser son sang pour sauver le monde, de la même manière le chrétien devra abandonner son esprit de vengeance pour construire une paix durable. Il s’agit pour lui de couper les liens négatifs qui le lient avec ses ennemis. Si le gouverné a des mauvaises pensées contre la personne qui l’opprime, il risquerait de poser un acte négatif vis-à-vis de lui-même. Alors il doit user des moyens que Dieu a mis à sa disposition pour se libérer des chaînes de la haine. Le Christ a appris au monde que la logique interne de l’amour dépasse cette justice et va jusqu’à donner ce que l’on possède de plus cher. Pour Saint Jean : « qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un meurtrier.» Alors, sans haine, mon enfant, qu’est ce qui empêcherait à la foultitude des chrétiens congolais de dire par exemple : « Monsieur le gouvernant vous êtes un frère, nous vous aimons comme Dieu nous aime, nous vous pardonnons comme Dieu ne cesse de nous pardonner à chaque instant, renforçons notre démocratie pour que les générations à venir vivent une paix véritable et durable, pas celle qui s’effrite quand un homme disparait ou s’en va, pas celle qui oppose fatalement les frères quand les ego sont mis en exergue ». Rien ne s’oppose que les chrétiens proposent qu’une disposition juridique et légale soit prise dans le sens que les compteurs soient remis à zéro concernant toutes les exactions et les crimes commis de la révolution à nos jours, et que ce frère en quittant le pouvoir continue à bénéficier de tous les avantages et honneurs dus à son rang. Même penser à une retraite doré et apaisée pour lui. A condition qu’il assure à son peuple une alternance sans douleur et qu’il soit, du fait de la place de choix qu’il a occupé, le véritable artisan de cette paix. Ainsi, nous ferons une deuxième fois, nôtre, cette assertion de Benoit XVI qui dit : «C’est l’amour qui apaise les cœurs blessés, esseulés, abandonnés. C’est l’amour qui engendre la paix ou la rétablit dans le cœur humain et l’instaure entre les hommes. » Mon enfant, tu dois dire à ceux de ta génération, qu’ils doivent aussi se départir des assertions inculquées par l’on ne sait quelle catéchèse du genre «même si je ne vote pas c’est Dieu seul qui peut faire ou défaire un homme au pouvoir ». Car le chrétien congolais doit être un artisan de paix. L’on ne peut être artisan et être passif. Participer aux élections démocratiques est aussi une volonté de Dieu. Même si l’on ne maîtrise pas tout ce qui peut conduire les gens à s’abstenir ou à ne pas voter, un chrétien doit s’inscrire et voter. Mais, le bon choix doit se porter sur la personne qui craint Dieu et non à un revanchard ou un moqueur. Oui! Une personne, à l’image du Christ, capable de transformer la haine en amour, comme l’a fait GANDHI en Inde, Martin Luther King aux Etats Unis d’Amériques et Nelson MANDELA en Afrique du Sud. In fine, mon enfant, le gouverné chrétien, de par l’héritage du christ, doit retenir qu’être artisan de paix c’est participer de façon active à tout ce qui concerne la gestion de la communauté nationale et intérioriser que la personne qui vous oppresse, si oppression il y a, ne doit pas être écrasée mais plutôt l’amenée à se convertir et, se rappeler aussi que nul d’entre nous sur terre, ne peut lever son petit doigt et dire qu’il est parfait. L’Afrique en général, le Congo en particulier, de la traite négrière à aujourd’hui, ne fait que manger ces enfants les plus éminents. Nous sommes au vingt et unième siècle ! De grâce, arrêtons et entrons dans la civilisation véritable, celle de la tolérance, de l’amour, à laquelle Christ ne cesse de nous exhorter.

Posted in Uncategorized | Réagir »

 


Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 15 articles | blog Gratuit | Abus?